La deuxième carte (cf. premier article) tirée au hasard pour le « démarrage » de mon blog est celle-ci. Le dessin représente un avion qui largue non pas des bombes mais des livres. Le fond est noir représentant, selon moi, un ciel de jour assombri (plutôt qu’un ciel de nuit), qui me rappelle des images vues au téléjournal. Le contexte de guerre que j’associe instantanément à cette image est aussitôt nuancé par les livres.
Au premier plan, se trouve un livre en grand, entrouvert laissant entrevoir des pages claires et lumineuses. Le crochet qui le tient au parachute semble bien inséré. En arrière-plan, une multitude de livres semblables sont largués par l’avion ; de nombreux câbles relient chaque livre à son parachute. Il semblerait que des précautions aient été prises afin de ne blesser personne, de ne pas perdre ni d’abîmer les précieux livres.
Et puis il y a l’avion, tout en-haut dans le ciel, un modèle ancien. À bien regarder son hélice, on peut croire que celle-ci ne tourne pas, comme si l’avion était figé. Pourtant, mon cerveau se laisse tromper et en déduit du mouvement ; l’avion avance dans sa mission, même à vitesse réduite. Les livres, eux aussi, descendent tranquillement, en chute amortie par les parachutes.
Diffuser une histoire, un récit- ou simplement un message- en prenant le temps, dans une certaine douceur et sans savoir où ceux-ci atterriront, ni qui les trouvera : voilà qui résonne avec mes intentions liées à ce blog. Cette image m’évoque aussi la force des mots et celle de ces nombreux livres lumineux, qui portent l’espoir et nous soutiennent dans nos résistances et nos combats, que ce soit à l’échelle personnelle ou à celle du monde.
Je me plais à fermer un instant les yeux et à remplacer en pensée toutes les armes du monde par des livres. D’en imaginer tout ce qui changerait me remplit d’un vertige très doux. Laissez-vous tenter par l’exercice !
